Aperçu géologique du Luxembourg

4.3. Les risques géologiques

Des éboulements de falaises et des glissements de terrain sont des phénomènes naturels actifs dans des terrains à structure géologique telle qu'elle se présente localement au Luxembourg.

Les couches dures et résistantes à l'altération forment dans le Gutland des falaises naturelles importantes qu'on rencontre dans les vallées encaissées du Mullerthal et sur les pentes raides dans la vallée de l'Alzette (Grès de Luxembourg), dans les falaises des roches dolomitiques du Muschelkalk de la vallée de la Moselle et dans les plateaux de la Minette ou même dans le grès médio-liasique au sud de Bascharage. Les grands affleurements dans les vallées encaissées de l'Eisléck sont d'autres exemples. Lors de l'éboulement, des panneaux entiers de rochers se détachent sous l'influence de la gravité et basculent vers la vallée. Les masses rocheuses tombées sont incorporées dans l'éboulis de pente avec lequel elles évoluent alors vers le fond de vallée.

Des terrains susceptibles de glisser ou potentiellement instables présentent des pentes moyennes à raides; ils doivent être formés d'un sous-sol imperméable, susceptible à l'eau (p.ex. gypsifère) et pouvant être affecté par les circulations d'eau d'importance variable.

De telles constellations se présentent pratiquement en contrebas de chaque zone d'affleurement de nos aquifères importants. Ces derniers fournissent l'eau, la quantité disponible variant plus ou moins rapidement avec la pluviosité. Les couches marneuses et argileuses sises sous les aquifères sont souvent recouvertes d'éboulis de pente d'épaisseur importante. L'éboulis de pente est de nature argileuse et souvent entrelardé des produits d'éboulement des falaises rocheuses sises plus haut dans le versant. Si la pente du terrain est raide, une augmentation brusque de l'écoulement normal peut conduire à l'instabilité. A l'aide des cartes géologiques et topographiques peuvent être définies alors des zones à risque naturel élevé ou des zones potentiellement instables. D'ailleurs une grande partie de ces terrains a connu dans les temps historiques des dégradations, souvent visibles dans la disposition topographique des lieux; elles figurent même souvent sur les plans cadastraux anciens.

Il est évident que l'homme peut intervenir dans ces zones et être responsable de l'instabilité. Des constructions, des terrassements ou des mouvements de masses réalisées sans précaution peuvent conduire à l'instabilité. Des ruptures de conduite d'eau ou de canalisation, des drains mal placés ou même l'abandon ou la dégradation de sources captées peuvent conduire à des augmentations temporelles de l'écoulement des eaux dans le sous-sol et provoquer la rupture.

Environ deux tiers des glissements de terrain du pays s'opèrent sur la formation du Rhétien (ko de la carte géologique) sous-jacente au Grès de Luxembourg. Cette unité de faible épaisseur est particulièrement sensible à l'eau. Les autres glissements s'observent sur les marnes gypsifères du Muschelkalk moyen (mm) ou sur les marnes et argilites du Lias supérieur (lo2-5) sous-jacentes respectivement aux dolomies du Muschelkalk et aux roches dures et perméables de l'aquifère du Dogger.